Séance 2 - L'isolationnisme américain de 1919 à 1945 est remis en cause par la Seconde Guerre mondiale
Cours magistral: l'avant 1945
Plan 1
A) Le
temps de l'interventionnisme et de l'idéalisme wilsonien est terminé et
désavoué, l'isolationnisme républicain triomphe de 1919 jusqu'en 1932,
en dépit d'une présence économique et financière accrue dans le monde et
du début du soft power culturel américain
B) L'arrivée
de FD Roosevelt à la présidence à la suite de la crise de 1929, ne
remet pas en cause cet isolationnisme américain en dépit de la montée
des périls en Europe, de la généralisation des régimes autoritaires et
totalitaires et des intentions interventionnistes de l'administration
démocrate
C)
La marche à la guerre en Europe repousse les limites d'un
interventionnisme américain, Pearl Harbour le 7 décembre 1941 fait
basculer "l'arsenal des démocraties" dans la guerre, pour assumer ses
intérêts et les responsabilités de sa puissance.
Plan 2
A)
1920-1941 : Les E-U choisissent l’isolationnisme et refusent d'adhérer à
l'idéalisme wilsonien et à l'interventionnisme qu'il sous-tend.
Isolationnisme : Attitude diplomatique qui veut qu’un État se tienne éloigné des affaires politiques du monde.
Problématiques: Peut-on parler d'un repli américain à partir de 1920 ? Pourquoi et comment s'exprime-t-il ?
1. Des signes de replis manifestes apparaissent dès 1920 attestant le retour à la tradition isolationniste américaine.
L'isolationnisme s'applique sur le plan diplomatique et se révèle dans les relations des E-Unis au monde.
Les
EU ne sont jamais rentrés dans la SDN du fait du refus de ratification
du Sénat et de la méfiance de l'opinion publique américaine, très
attachée à l'isolationnisme.
Il
y a bien sur l’influence toujours réelle de la loi Monroe qui se
traduit dans les faits par un choix de Président, le républicain Warren
G. Harding élu sur les bases d’un slogan “America first”, c'est à dire sur un programme prônant un isolationnisme évident et une action dans les intérêts personnels.
 |
| America First, le slogan de campagne du Républicain Warren G. harding |
L'isolationnisme
se traduit aussi dans les lois s'appliquant aux étrangers désireux
d'entrer sur le sol américain ou de s'y installer.
Les
lois des quotas pour l’immigration appelées Emergency act en 1921 ( qui
vise les asiatiques qui fuient l’Axe et la guerre): plafonnement +
quotas par nationalité. Suivi d’une nouvelle loi, l'Immigration act en
1924 qui limite à nouveau l’immigration et qui est plus restrictive
qu’en 1921. Ces lois favorisent l’immigration WASP (white anglo saxon protestant) tout en étant populistes.
L'isolationnisme connait aussi un prolongement économique qui s'apparente à du protectionnisme économique.
Les E-Unis adoptent un principe simple : le continent américain est une "chasse gardée". Ainsi, les
entreprises américaines détiennent un marché quasi monopolistique dans
des domaines économiques variés, tout en dominant le commerce
continental (United Fruit en 1899 contrôle en 1920 90% du commerce de
la banane en Amérique).
2.
Ce repli demeure cependant très relatif puisque les E-Unis
interviennent sur le continent américain, restent fortement impliqués
dans les domaines économique et financier en Europe, tout en
s'inquiétant de l'influence et du militarisme croissant du Japon en
Asie.
L'isolationnisme
américain n'est pas total et n'empêche pas d'intervenir sur le
continent américain, véritable chasse-gardée états-unienne et en Asie
dans la sphère d'influence américaine.
L'isolationnisme
politique et diplomatique n'empêche nullement un interventionnisme
marqué et une influence considérable dans les domaines économiques et
financiers, en Europe et ailleurs.
- L'isolationnisme
est politique et diplomatique mais l'activisme est la règle dans les
domaines financiers car les puissances victorieuses doivent 9/10e de la dette. Les Etats- Unis veulent se faire payer par les Européens, tout en continuant à commercer avec eux.
Exemple:
L’Allemagne désignée coupable de la Première Guerre mondiale lors du
diktat de Versailles (1919), doit payer des réparations, soit 132
Milliards de mark or à la Belgique, France, Italie. Ces derniers doivent
à leur tour rembourser le R-Uni qui doit à son tour, rembourser les
E-U. Cela débouche sur une création de monnaie papier qui conduit à une
dépréciation des monnaies et à une dévaluation de fait de la monnaie
allemande.
En 1919 : 1 $= 42 marks
En 1923 :1$= 42 milliards de marks. Cela entraine la déroute de l’Allemagne et conduit les E-unis à s'impliquer.
3.
A partir des années 1930, le repli entrevu est de plus en plus prononcé
et accentué, empêchant Roosevelt de s'investir dans la situation
diplomatique en Europe
Les
années 1920 (roaring twenties/années folles) ont été des années de
croissance forte (domination américaine dans divers secteurs comme la
chimie, les transports, le BTP) qui cachent des pb structurels majeurs (
surproduction, faiblesse de l'épargne, inégalités des salaires).
Entre 1920 et 1929, la production de l'acier progresse
de 70 %, celle des produits chimiques de 94 %, du pétrole de 156 %, de
l'industrie automobile de 255 % ; le revenu national passe alors de
56,5 milliards de dollars à 87 milliards.
De même, la politique protectionniste du Républicain Hoover s’avère être un échec. Lui qui “voyait la prospérité au coin de la rue” en 1930 est désavoué.
⇒ Cela entraîne donc la crise la crise de 1929 (crise financière qui
devient bancaire, économique et enfin politique) et la Dépression des
années 1930:
En 1932, ¼ des Américains est au chômage.
C'est le début d'une période de retrait sur la scène internationale pour les E-Unis.
⇒ Cela sonne le retour d’un président démocrate au pouvoir : FD Roosevelt
Ainsi,
FD Roosevelt devient Président. De Novembre 1932 à sa mort en avril
1945. C’est le plus long mandat des EU. Il est démocrate tendance
wilsonien:
Dans le domaine éco, le New Deal (Nouvelle Donne) est lancé, c'est à dire une relance keynésienne.
L’opinion américaine se sent peu concernée par la Seconde Guerre
mondiale. Les E-U considèrent que ce qui se passe en Europe ne les
concernent pas tant que les dictateurs ne s’approchent pas de
l’Amérique. C’est sous Roosevelt mais contre ses orientations, que se
votent les trois lois de neutralité entre 1935 et 1937 interdisant la
vente d’armes et les prêts aux pays en guerre. Donc interdisant la vente
d’armes aux Européens.
⇒
Le discours de Roosevelt du 5 octobre 1937, connu sous le nom de “discours
de la quarantaine” est le suivant : les EU ne partiront pas en guerre, à
moins qu’ils n’y soient forcés.
Cependant,
malgré toutes ces mesures, Roosevelt commence petit à petit à préparer
l’opinion à une éventuelle intervention: ainsi le 4 novembre 1939, la
loi “cash and carry” autorise la vente d’armes à la France et au R-U à
condition que ces pays paient comptant et gèrent les transports. Les
E-Unis deviennent “l’arsenal des démocraties”, sans toutefois interférer
davantage même si la montée du Japon et la guerre qui se déclare en
Europe, vont les obliger à se préparer à agir.
Pourtant,
durant les années 1939-40, l’entrée des Allemands en France et la
défaite française ont choqué le gouvernement Roosevelt et l’opinion
publique américaine tant cela paraissait inimaginable. De même, les
bombardements sur Londres ont fortement choqué. La position américaine
allait radicalement changé.
B)
1941-1945 : Les E-U choisissent l’interventionnisme dans la Seconde
Guerre mondiale et mettent fin à leur isolationnisme traditionnel,
contraints par la situation en Europe et leur entrée dans la Seconde
Guerre mondiale
1.L'intervention américaine se déroule d’abord a minima...
-
Dès le 11 mars 1941 : loi prêt-bail ( lend-lease) prévoit la livraison
d’armes aux alliés, payable après coup. Les lois de neutralité sont
contournées, c’est la fin de l’isolationnisme strict voulu par l’opinion
américaine et les Républicains.
A
partir du juin 1941, même l’URSS reçoit les armes dans la mesure où
l’Allemagne nazie s’est retournée contre l’Union Soviétique de Staline au terme de l'opération barbarossa (Barbe Rousse)
avec la rupture du pacte de non-agression germano-soviétique signés le
23 août 1939.
- De 1941 à 1945: aide au RU de 7 milliards de $.
-
Le 14 août 1941 : Charte de l’Atlantique (Churchill+ FD Roosevelt se
rencontrent à bord du Prince of Whales quelque part en mer au large de
Terre- Neuve) pour fixer les objectifs moraux afin de guider les
puissances democratiques et garantir une paix durable. parmi ces
mesures:
refus
de tout agrandissement territorial, droit des peuples à choisir leur
forme de gouvernement, libre- acces de chacun aux matières premières
liberté des mers et renonciation à la force.
Ce document est à l’origine de la Charte des Nations Unies.
La
charte de l’Atlantique en fev 1945 est evoquée à Yalta mais seulement
évoquée car pour Staline il n’est pas question de renoncer à la conquête
des territoires ni de laisser aux peuples le choix du gouvernement.
2. ...Elle est suivie d’un engagement total provoqué par l’attaque de Pearl Harbour...
Le 7 décembre 1941 : attaque japonaise sur Pearl Harbor (îles Hawai)
Les
Américains sont contraints à la guerre. Le lendemain, ils entrent
ainsi en guerre contre le Japon puis le 11 décembre contre l’Allemagne
et l’Italie, soit 2 fronts le Pacifique et l’Europe et sont la pour 3
débarquements: af du N en 1942, Ita en 1943 et la Normandie en 1944.
Les
EU deviennent l’arsenal du camp allié, le lieu principal de fabrication
du matériel de guerre. Cette entrée en guerre marque un tournant= c’est
le Victory Program. des efforts de guerre sont lancés, l’armement et
les navires sont fabriqués à la chaîne la conscription est rétablie.
cela constitue 80% du budget fédéral.
Le
Manhattan project est lancé en 1942. En coopération avec le RU. Projet
de la bombe atomique permet une attaque sans débarquement.
3.
...Cet engagement a pour objectifs de préserver les intérêts géopolitiques
américains à l'échelle mondiale et les valeurs auxquels sont attachés
les Américains et leurs gouvernants
Les
Eu font de leur pays un modèle voire une idéologie tournée autour d’un
monde de libertés, de prospérité et de liberté comme la liberté de
culte, de besoin de parole, de peur.
Séance 3 - Le temps de la superpuissance pour les États-Unis entre 1945 et 1991
Construction du schéma heuristique de la puissance américaine de 1945 à nos jours
Cours magistral:
Comment s'affirme dans son rapport au monde, la superpuissance américaine ?
A
partir de 1945, les E-Unis décident d'assumer leur puissance dans tous
les domaines et notamment dans le cadre de la Guerre froide face à l'autre superpuissance de son temps, l'URSS.
L'affrontement a lieu. Il oppose deux modèles antagonistes visant deux mondialisations opposées: la première est capitaliste,
libérale, démocratique portée par les E-Unis et le bloc occidental, la seconde
est communiste et collectiviste, égalitariste, autoritaire voire
totalitaire portée par l'URSS et son bloc. Cette opposition se matérialisera pas une série de crises qui montreront l'importance des E-Unis dans le monde et dans les relations internationales.
A l'échelle globale, l'affrontement que sera la Guerre froide, (définition de la Guerre froide)
c'est un "conflit de nature indirecte, dans tous les domaines, entre
deux superpuissances et leurs modèles, par État interposé et qui vise à
faire changer l'autre de modèle" selon Georges Soutou, Professeur d'histoire
en Sorbonne.
Il commence en 1947 et s'achève en 1991, le 25 décembre
avec l'effondrement de l'URSS.
Reposant
sur l'équilibre de la Terreur (usage potentiel et maîtrise de l'arme nucléaire comme une arme de dissuasion) et se présentant selon l'expression
consacrée comme "Guerre impossible, paix improbable" (Raymond Aron)
Quelle est la réalité de la puissance américaine entre 1947 et 1991, durant la Guerre froide ?
Puissance militaire:
La plus grande armée du monde avec l'Armée Rouge et l'un des grands vainqueurs du conflit mondial
La maîtrise de l'arme nucléaire comme arme et outil de dissuasion
E-Unis
sont avec l'URSS, l'autre partenaire de la Grande Alliance, le
principal fournisseur d'armes au monde, l'une des principales armées et
le premier détenteur de l'arme nucléaire (Projet Manhattan - deux
attaques d'Hiroshima et Nagasaki, 6 et 9 août 1945). Puissance qui
jusqu'en 1949, date de l'obtention de l'arme nucléaire par l'URSS est en
situation d'être la seule à employer l'arme ultime.
A
partir de 1949 et jusqu'à la fin de la Guerre froide, "l'équilibre de
la terreur" prévaut: changement de doctrine dans les Relations
internationales et dans la politique étrangère.
Contestée
par l'URSS et mise à l'épreuve au cours des différentes crises de la
Guerre froide (Berlin en 1948-49, Corée, Cuba en 1962, Berlin en
1962...)
Principaux services de renseignement du monde
Puissance diplomatique:
Elle découle de la puissance militaire et de l'opposition de modèles entre les deux blocs.
Elle
s'appuie sur l'ONU et ses principes, elle les respecte et vise à faire
respecter un mode de négociation entre Etats membres. Elle est membre du
Conseil de Sécurité et a un droit de véto comme l'URSS.
Elle a des alliés et a mis en place dès 1945 une pactomanie (2 page 228) et une série d'alliances :
- OEA (1946)= organisation qui rassemble à l'échelle continentale tous les Etats des Amériques
- OTAN (1949)= organisation militaire et une alliance occidentale qui vise à répondre au défi communiste de l'URSS
- ANZUS
- Pacte de Bagdad
- OTASE
- Traités bilatéraux
On parlera de "pactomanie" américaine.
Diplomatiquement,
les E-U représentent le premier réseau diplomatique mondial, celui de
la principale puissance occidentale qui régente le bloc occidental, et
l'une des deux puissances globales avec l'URSS.
On parle alors de
superpuissance car du point de vue diplomatique et militaire: l'URSS et
les E-U sont adversaires, en guerre froide et s'imposent comme les deux
acteurs mondiaux majeurs.
Puissance économique, commerciale et financière
Les
E-Unis organisent et dominent l'économie mondiale dans le bloc occidental, selon
les principes, les normes et les intérêts américains avec :
- Accords de Bretton Woods (1944) = monnaie de référence et convertibiltié or (Dollar as good as gold et Gold Exchange Standard)
- GATT qui donnera la future OMC
- institutions sous domination américaine (FMI, BIRD...) et des organisations qui visent à étendre le système capitaliste
-
European recovery Programm = Plan ou Aide Marshall comme un levier pour
imposer le système économique et financier valorisant les E-U
Capacité d'investissement et principale puissance financière
- Première capitalisation boursière
- Premières bourses et institutions de côtations de matières premières (Chicago) et de valeurs financières (Wall Street)
-
Première économique mondiale en termes de performances économique,
financière dans le monde et dans le bloc occidental, malgré la
concurrence soviétique
- Majeure partie des FTN/FMN sont américaines
Principal exportateur et importateur mondial
Première puissance commerciale mondiale
Principal investisseur à l'étranger
Puissance scientifique et technologique
Nombre de Prix Nobel
Lieu d'innovation mondial
Première puissance industrielle et technologique
Puissance culturelle mondiale
Puissance sportive
EDC pages 232-233
"Envoyez les films, le reste suivra"
FD Roosevelt
E-U prennent conscience de leur toute puissance et utilisent Hollywood et s'en servent pour promouvoir :
- leur mode de vie
- leur manière de voir le monde et de se voir
- pour influencer et changer les mentalités
Avec une approche mainstream et divertissante
Diffusion et promotion d'une société de consommation comme modèle de réussite
Conclusion intermédiaire:
Tous
les critères de la puissance globale sont aux mains des E-Unis, mais la
contestation soviétique plus ou moins intense suivant les périodes de
la Guerre froide, empêche l'économie-monde américaine d'être pleinement
globale.
Le monde reste bipolaire, son ordre international tout autant jusqu'en 1991.
Travail pour lundi 31 janvier
- Reprendre le cours
- Préparer le sujet de composition : Les Etats-Unis et le monde de 1917 à 2016
- Reprendre, préciser et compléter le schéma de synthèse page 243
- grandes phases de la construction de la puissance américaine :
avant 1914
1914-1917
1917-1919
1947-1991
2001-2015
Vidéo du Dessous des cartes sur la construction de la puissance américaine :
La construction du territoire américain
La naissance et l'affirmation de la puissance internationale des E-Unis
La
puissance américaine, ses caractéristiques, ses critères, leurs
évolutions et les résistances et oppositions qu'elle suscite de 1914 à
2016
Proposition de travail 2:
La
classe est divisée en plusieurs groupes, chacun traite d'une des
grandes périodes historiques correspondant aux parties de la séquence:
Groupe 1 - 1914-1918-1919 - pages 220-221 et 14 points de Wilson - A et B page 222
Groupe 2 - 1919-1941 - pages 222-223 - A, B et C page 222
Groupe 4 - 1947- 1991 - pages 228-229 + pages 230 à 233
Groupe 5 - 1991- 2001 - pages 234 et 235
Groupe 6 - 2001- nos jours
Objectifs thématiques:
Déterminer et définir sur la période concernée et à partir des dossiers documentaires:
- Critères de la puissance américaine
- Caractéristiques de la puissance américaine
- Evolution de la puissance américaine et de ses formes
- Résistances et oppositions à l'affirmation de la puissance américaine
Objectifs formels:
- Trois paragraphes
- Idées explicites avec illustrations et exemples
Apports extérieurs sur la politique étrangère américaine:
La responsabilité des États-Unis vis-à-vis du monde pour Z.Brzezinski
"Fardeau de l'Amérique"
"Pour
la première fois, une superpuissance extérieure européen au continent
s'est non seulement élevée au rang d'arbitre entre les États d'Eurasie
mais aussi de puissance globale dominante"
- Forces armées d'un rayon d'action planétaire
- principal moteur de la croissance globale
-
elle détient la suprématie des principales technologies innovantes; sa
culture bénéficié d'un pouvoir d'attraction incomparable. Une puissance
globale, la première de l'Histoire.
Les limites de l'hyperpuissance et l'oublie de l'Histoire et de la géopolitique
"Malgré sa dimension planétaire, l'hégémonie américaine reste superficielle."
"Pour l'Amérique, l'enjeu principal est l'Eurasie, seul théâtre sur lequel un rival potentiel de l'Amérique pourrait apparaître"
Hillary Clinton et le smart power ("le pouvoir intelligent"):
Origines du concept: Joseph Nye (Harvard) et Suzanne Nossel (ONG Human Rights Watch)
Définition: "Choix de la combinaison d'outils - diplomatiques, économiques, militaires, politiques, juridiques et culturels - la plus adaptée à la situation" [...]
Objectifs: "L'objectif du smart power et de notre intérêt accru pour la technologie, les partenariats public-privé, l'énergie, l'économie et d'autres domaines extérieurs aux champs d'action classiques du Département d'Etat était de compléter les outils et priorités de la diplomatie traditionnelle, pas de les remplacer."
Hillary Rodham Clinton, Le Temps des décisions, Le Livre de Poche, Paris, 2016 - page 76-77
Hillary Clinton et la "stratégie de pivot asiatique": "Le siècle pacifique de l'Amérique" (2011)
Théorisé dans la revue Foreign Policy
États-Unis : l'usage de la force et la force de l'influence
9 juillet 2014 :États-Unis : l'usage de la force et la force de l'influence
( rapport d'information )
"Au
XXème siècle, l'Europe nous a posé le problème de la guerre ou de la
paix, et nous avons dû en faire notre priorité. Au XXIème siècle, l'Asie
nous pose le problème de la compétition ou du déclin."
Z.Brzezinski, 2008
Les Etats-Unis, le messianisme américain et la Destinée Manifeste
«
L’Amérique doit assumer la responsabilité de sa puissance. Nous devons
diriger le monde. C’est notre rendez-vous avec le destin. Nous ne devons
pas laisser l’histoire nous échapper. »Général Collin Powell après la Guerre du Golfe en 1991, « US Forces: Challenge Ahead », Foreign Affairs, vol. 72, n° 5, hiver 1992-1993
«
Dieu a fait de nous les maîtres organisateurs pour établir un système
dans un monde où le chaos règne. Il nous a insufflé l’esprit du progrès
pour renverser les forces de la réaction sur toute la Terre. Il a fait
de nous les adeptes du gouvernement que nous devons administrer sur les
peuples sauvages et séniles. Sans cette force, le monde sombrerait à
nouveau dans la barbarie et l’obscurantisme. »
Albert J. Beveridge, sénateur américain s'exprimant en janvier 1900 à propos de l’annexion des Philippines par les États-Unis, Propos cités par M.-E Curti in The Growth of American Thought, Transaction Publishers, New Brunswick, 1991.
Séance 4 - 1991- 2001: l'hyperpuissance américaine, le
temps de la "pax americana" et l'envie pour les E-Unis de ne pas accepter les remises en cause intérieure et extérieure
(pages 234 et 235)
I- L'émergence de « l'hyperpuissance » américaine et du capitalisme néo-libéral à la suitede la chute du bloc soviétique.
A- Une surpuissance sans rival ...
Fin de la Guerre Froide en 1991 ----> Les Etats-Unis deviennent l'unique superpuissance.
Domination américaine à tous les niveaux ----> diplomatique, économique, technologique,
militaire et culturel
- Une suprématie militaire et diplomatique, :
La disparition du bloc soviétique en 1991 permet aux Etats-Unis d'accroitre leurs influence diplomatique,
notamment dans les pays de l'est de l'Europe, qui sont libérés du
communisme. Il y a un élargissement de l'OTAN vers les pays socialistes
de l'ex URSS.
La chute de bloc soviétique permet alors aux américains
de devenir la première puissance militaire au niveau international. Les
Etats-Unis possèdent plus de 50% de l'armement nucléaire mondiale et
disposent de flottes maritimes dispersées aux « quatre coins de la
planète ».
- Une domination économique et technologique :
En
1991, les Etats-Unis sont la première puissance industrielle au monde
et dominent les échanges de flux mondiaux. Le PIB américain représente
alors 38 % du PIB mondial.
Création d'accord de libre-échange entre le Mexique et le Canada en 1994 (ALENA) afin de
développer un « commerce de proximité ».
Cette domination incontestée est due la naissance de la 3eme Révolution Industrielle dans les
années
1980, qui permet aux USA de rebâtir leur hégémonie économique, touchée
après les crises des années 1970. ----> Naissance du nucléaire civil,
de la génomique (ADN), de l'aérospatial et de l'informatique. Création
d'entreprises mondiales telles que Microsoft ou Apple.
Le Japon et l'UE ne peuvent alors pas rivaliser face à la puissance industrielle américaine qui
élaborent de nouvelles technologies. La Sillicon Valley est le pole de compétitivité le plus attractif
au monde.
Les Etats-Unis, à travers « l'American Way Of Life » diffusent leur culture dans le monde entier
par
le biais de films et de séries grâce a Hollywood, des grandes marques
telles que Coca-Cola, Pizza Hut ou encore Microsoft mais aussi grâce à
de nouveaux styles de musiques comme le rap ou le rock.
Référence culturelle : Elvis Presley suivi par près de 1 milliard de personnes, pour le premier
concert retransmis en direct à la radio ou à la télévision.
On
peut alors parler de quasi-monopole mondial américain sur l'ensemble de
la planète et dans quasiment tous les domaines. Les Etats-Unis
s'imposent comme étant le pays de référence par excellence. Le ministre
des Affaires Etrangères françaises, Hubert Védrine parlera alors de « l'hyperpuissance » américaine.
B- … qui doit assumer ses responsabilités en tant que « gendarmes du monde »
- Depuis
l’éclatement de l’URSS en 1991, les États-Unis sont considérés comme
les vainqueurs de la Guerre Froide et demeurent la seule superpuissance.
Leur volonté de diriger les affaires du monde s’est affirmée, notamment
par des interventions armées ou politiques, en fonction de leurs intérêts et du respect du droit international.
- Intervention armées en Somalie et au Koweit en 1992
- Intervention armée en Irak en 1993
- Intervention politiques dans le conflit israelo-palestinien et en Corée en 1994
- Intervention armée en Bosnie et en Yougoslavie en 1995
Les
États-Unis interviennent ainsi dans de nombreux conflits dans le monde,
dès que leurs intérêts sont en jeu. Ils financent ainsi de nombreux
mouvements armés à l’étranger, vendent des armes dans le monde entier,
imposent des interdictions de commercer avec des pays ennemis (Cuba,
Iran) ou bien interviennent directement dans les affaires d’un pays.
Les
dépenses militaires sont très élevées. Le secteur industriel, voué à
l’armement, est très étoffé et l’armée américaine est puissante,
nombreuse et à la pointe de la technologie.
- Les
États-Unis assoient également leur domination planétaire par le biais
de nombreuses bases militaires disséminées dans le monde notamment à la
frontière de l'Europe, au Proche et Moyen-Orient et dans le Pacifique.
La place des Etats-Unis dans les organismes internationaux (ONU, OTAN…) est centrale. Leur point de vue est souvent prédominant et décisif. Ils participent ainsi activement à de multiples réseaux d’alliances économiques ou militaires.
Ce
rôle mondial est souvent critiqué par les pays concernés par l’action
américaine ----> pour l’Iran, les États-Unis sont le « grand Satan » ;
D’autres les accusent d’ingérence ----> Somalie, voir film La chute
du Faucon Noir.
Conclusion intermédiaire
Les Etats-Unis représentent donc un modèle de
puissance économique, culturel et militaire à travers le monde et
justifient leur appellation d'hyperpuissance. Cependant, de nombreuses
contestation vont alors naître pour s'opposer à celle-ci.
II- La contestation de l'hyperpuissance américaine durant l'année 2001 : un déclin
relatif
L'année 2001 représente un tournant majeur dans l'histoire contemporaine des Etats-Unis et sa géopolitique, c'est à dire dans la détermination de sa politique étrangère et diplomatique, mais aussi dans la conduite des affaires intérieures.
A-
La montée des contestations: une contestation interne et une externe à
dominante islamique qui s'abat sur le sol américain et ses représentants
à l'extérieur: le début d'une nouvelle ère.
Les attentats
terroristes du 11 septembre 2001 révèlent de façon spectaculaire la
vulnérabilité des Etats-Unis, atteints en leur coeur par un ennemi d’un
genre nouveau, difficilement identifiable, qui s’attaque à leur
hégémonie. Ces attentats ont une portée symbolique immense : jamais les
États- Unis n’avaient été attaqués sur leur sol auparavant.
Contestation de l'hyperpuissance à travers :
– L'attaque de New-York: Centre culturel, financier et coeur de la puissance américaine
–
Wall Trade Center : Attaque face à la puissance financière américaine
majeur, mais aussi à la Sky Line est donc à l'architecture new-yorkaise
(culture)
– Pentagone: Attaque face au centre de commandement des décisions militaires
– Maison Blanche(échoué) : Attaque face au centre de prises de pouvoirs des Etats-Unis est
donc à sa politique.
Premiere opposition frontale aux USA depuis 1991
B- La contestation économique et diplomatique (symbolique)
2001 est aussi l'année de l'entrée de la Chine dans l'OMC. Connotation symbolique.
Fin du règne économique sur l'ensemble de la planète. Les Etats-Unis vont devoir accepter et s'adapter à la nouvelle concurrence des pays émergents tels que la Chine, l'Inde ou le Brésil.
Ces nouvelles puissances acquièrent une dimension économique et commerciale qui leur permet de contester le monopole diplomatique américain. Les Américains ne sont donc plus « seul au monde ».
C'est le début d'une économie et d'une gouvernance multipolaire qui s'appuie sur une multitude d'acteurs. L'hyperpuissance américaine disparaît.
Cependant, les Etats-Unis gardent un rôle majeur dans l'organisation économique et diplomatique mondiale.
- Liens à consulter:
Le bilan extérieur de Barack Obama
http://www.lemonde.fr/elections-americaines/article/2017/01/20/barack-obama-une-reussite-sur-le-plan-interieur-un-echec-sur-le-plan-exterieur_5065819_829254.html
La transition Obama-Trump
Trump et la Chine
La Chine face à Trump
Trump et Poutine
Joe Biden et Trump: l'avertissement face à la menace Poutine
D'Obama à Trump, la puissance américaine dans le monde
https://www.youtube.com/watch?v=jOt2Scc71gs&feature=share
Le dernier discours de l'Union de Barack Obama, un bilan de ses mandatures
"Les Etats-Unis sont et resteront la première puissance mondiale"
B.Obama, 12 janvier 2016, Discours de l'Union
« L’Amérique
est la nation la plus puissante de la Terre, un point c’est tout. Et
quel que soit le problème dans le monde, les gens ne se tournent pas
vers Pékin ou Moscou, c’est nous qu’ils appellent ! Aujourd’hui, nous
sommes moins menacés par des " empires du mal " que par des Etats en
faillite.
Certes,
al-Qaïda et, à présent, le groupe Etat islamique, nous menacent et nous
devons nous en débarrasser. Mais ils ne menacent pas notre existence !
C’est la fiction qu’ils répandent, c’est le genre de propagandes qu’ils
emploient pour recruter. Mais nous devons les prendre pour ce qu’ils
sont : des tueurs et des fanatiques.
Oui,
notre politique étrangère doit se concentrer sur la lutte contre le
terrorisme, mais cela ne peut s’arrêter là. Et notre réponse doit être
plus intelligente que des rodomontades ou des appels à déverser des
tapis de bombes sur des civils. C’est bien dans un show télévisé, mais
c’est complètement irréaliste.
Nous
ne pouvons pas non plus prendre en main et reconstruire chaque pays en
crise. Ce n’est pas cela être un leader. C’est juste la recette pour
s’enfoncer dans un bourbier. C’est la leçon tirée du Vietnam, c’est la
leçon de l’Irak, et nous aurions dû la comprendre depuis tout ce temps. »