mardi 24 janvier 2017

Mardi 24 janvier - Histoire - Les Etats-Unis et le monde depuis 1945

Séance 2 - L'isolationnisme américain de 1919 à 1945 est remis en cause par la Seconde Guerre mondiale

Cours magistral: l'avant 1945


Plan 1

A) Le temps de l'interventionnisme et de l'idéalisme wilsonien est terminé et désavoué, l'isolationnisme républicain triomphe de 1919 jusqu'en 1932, en dépit d'une présence économique et financière accrue dans le monde et du début du soft power culturel américain

B) L'arrivée de FD Roosevelt à la présidence à la suite de la crise de 1929, ne remet pas en cause cet isolationnisme américain en dépit de la montée des périls en Europe, de la généralisation des régimes autoritaires et totalitaires et des intentions interventionnistes de l'administration démocrate

C) La marche à la guerre en Europe repousse les limites d'un interventionnisme américain, Pearl Harbour le 7 décembre 1941 fait basculer "l'arsenal des démocraties" dans la guerre, pour assumer ses intérêts et les responsabilités de sa puissance.

Plan 2

A) 1920-1941 : Les E-U choisissent l’isolationnisme et refusent d'adhérer à l'idéalisme wilsonien et à l'interventionnisme qu'il sous-tend.

Isolationnisme : Attitude diplomatique qui veut qu’un État se tienne éloigné des affaires politiques du monde.


Problématiques: Peut-on parler d'un repli américain à partir de 1920 ? Pourquoi et comment s'exprime-t-il ?

1. Des signes de replis manifestes apparaissent dès 1920 attestant le retour à la tradition isolationniste américaine.

L'isolationnisme s'applique sur le plan diplomatique et se révèle dans les relations des E-Unis au monde.

  • Les EU ne sont jamais rentrés dans la SDN du fait du refus de ratification du Sénat et de la méfiance de l'opinion publique américaine, très attachée à l'isolationnisme.
  • Il y a bien sur l’influence toujours réelle de la loi Monroe qui se traduit dans les faits par un choix de Président, le républicain Warren G. Harding élu sur les bases d’un slogan America first, c'est à dire sur un programme prônant un isolationnisme évident et une action dans les intérêts personnels.

    America First, le slogan de campagne du Républicain Warren G. harding

    L'isolationnisme se traduit aussi dans les lois s'appliquant aux étrangers désireux d'entrer sur le sol américain ou de s'y installer.
     
  • Les lois des quotas pour l’immigration appelées Emergency act en 1921 ( qui vise les asiatiques qui fuient l’Axe et la guerre): plafonnement + quotas par nationalité. Suivi d’une nouvelle loi, l'Immigration act en 1924 qui limite à nouveau l’immigration et qui est plus restrictive qu’en 1921. Ces lois favorisent l’immigration WASP (white anglo saxon protestant) tout en étant populistes.

    L'isolationnisme connait aussi un prolongement économique qui s'apparente à du protectionnisme économique.
  • Les E-Unis adoptent un principe simple : le continent américain est une "chasse gardée". Ainsi, les entreprises américaines détiennent un marché quasi monopolistique dans des domaines économiques variés, tout en dominant le commerce continental  (United Fruit en 1899 contrôle en 1920 90% du commerce de la banane en Amérique).

2. Ce repli demeure cependant très relatif puisque les E-Unis interviennent sur le continent américain, restent fortement impliqués dans les domaines économique et financier en Europe, tout en s'inquiétant de l'influence et du militarisme croissant du Japon en Asie.

L'isolationnisme américain n'est pas total et n'empêche pas d'intervenir sur le continent américain, véritable chasse-gardée états-unienne et en Asie dans la sphère d'influence américaine.

  • Surveillance du Pacifique notamment le Japon. 
  • Intervention en sur le continent américain :
    Les Etats-Unis multiplient les interventions en Amérique centrale et dans les Caraïbes, leur zone d’influence directe.C'est une application des principes du "big stick" chers à Théodore Roosevelt (Corollaire Roosevelt) et conformes à la doctrine Monroe

L'isolationnisme politique et diplomatique n'empêche nullement un interventionnisme marqué et une influence considérable dans les domaines économiques  et financiers, en Europe et ailleurs.

  • L'isolationnisme est politique et diplomatique mais l'activisme est la règle dans les domaines financiers car les puissances victorieuses doivent 9/10e de la dette. Les Etats- Unis veulent se faire payer par les Européens, tout en continuant à commercer avec eux.
 
Exemple: L’Allemagne désignée coupable de la Première Guerre mondiale lors du diktat de Versailles (1919), doit payer des réparations, soit 132 Milliards de mark or à la Belgique, France, Italie. Ces derniers doivent à leur tour rembourser le R-Uni qui doit à son tour, rembourser les E-U. Cela débouche sur une création de monnaie papier qui conduit à une  dépréciation des monnaies et à une dévaluation de fait de la monnaie allemande.
En 1919 : 1 $= 42 marks
      En 1923 :1$= 42 milliards de marks.  Cela entraine la déroute de l’Allemagne et conduit les E-unis à s'impliquer.
      En 1924 et 1929, deux plans d’intervention des Américains sont mis en oeuvre: ce sont les plan Dawes (http://www.larousse.fr/encyclopedie/divers/plan_Dawes/115820) et Young (http://www.larousse.fr/encyclopedie/divers/plan_Young/150364) pour aider à l’Allemagne et rééchelonnement des dettes allemandes.

  • On assiste également à une Diplomatie du dollar. Monnaie qui depuis 1922 a intégré le système du Gold Exchange Standard.

3. A partir des années 1930, le repli entrevu est de plus en plus prononcé et accentué, empêchant Roosevelt de s'investir dans la situation diplomatique en Europe

  • Les années 1920 (roaring twenties/années folles) ont été des années de croissance forte (domination américaine dans divers secteurs comme la chimie, les transports, le BTP) qui cachent des pb structurels majeurs ( surproduction, faiblesse de l'épargne, inégalités des salaires). 

    Entre 1920 et 1929, la production de l'acier progresse de 70 %, celle des produits chimiques de 94 %, du pétrole de 156 %, de l'industrie automobile de 255 % ; le revenu national passe alors de 56,5 milliards de dollars à 87 milliards.

  • De même, la politique protectionniste du Républicain  Hoover s’avère être un échec. Lui qui “voyait la prospérité au coin de la rue” en 1930 est désavoué.
⇒ Cela entraîne donc la crise la crise de 1929 (crise financière qui devient bancaire, économique et enfin politique) et la Dépression des années 1930: 

  • En 1932, ¼ des Américains est au chômage.

  • C'est le début d'une période de retrait sur la scène internationale pour les E-Unis.

⇒ Cela sonne le retour d’un président démocrate au pouvoir : FD Roosevelt
Ainsi, FD Roosevelt devient Président. De Novembre 1932 à sa mort en avril 1945. C’est le plus long mandat des EU. Il est démocrate tendance wilsonien:

  • Dans le domaine éco, le New Deal (Nouvelle Donne) est lancé, c'est à dire une relance keynésienne.

  • L’opinion américaine se sent peu concernée par la Seconde Guerre mondiale. Les E-U considèrent que ce qui se passe en Europe ne les concernent pas tant que les dictateurs ne s’approchent pas de l’Amérique. C’est sous Roosevelt mais contre ses orientations, que se votent les trois lois de neutralité entre 1935 et 1937 interdisant la vente d’armes et les prêts aux pays en guerre. Donc interdisant la vente d’armes aux Européens. 

⇒ Le discours de Roosevelt du 5 octobre 1937, connu sous le nom de “discours de la quarantaine” est le suivant : les EU ne partiront pas en guerre, à moins qu’ils n’y soient forcés. 

  • Cependant, malgré toutes ces mesures, Roosevelt commence petit à petit à préparer l’opinion à une éventuelle intervention: ainsi le 4 novembre 1939, la loi “cash and carry” autorise la vente d’armes à la France et au R-U à condition que ces pays paient comptant et gèrent les transports. Les E-Unis deviennent “l’arsenal des démocraties”, sans toutefois interférer davantage même si la montée du Japon et la guerre qui se déclare en Europe, vont les obliger à se préparer à agir.

Pourtant, durant les années 1939-40, l’entrée des Allemands en France et la défaite française ont choqué le gouvernement Roosevelt et l’opinion publique américaine tant cela paraissait inimaginable. De même, les bombardements sur Londres ont fortement choqué. La position américaine allait radicalement changé.

B) 1941-1945 : Les E-U choisissent l’interventionnisme dans la Seconde Guerre mondiale et mettent fin à leur isolationnisme traditionnel, contraints par la situation en Europe et leur entrée dans la Seconde Guerre mondiale 

1.L'intervention américaine se déroule d’abord a minima... 

- Dès le 11 mars 1941 : loi prêt-bail ( lend-lease) prévoit la livraison d’armes aux alliés, payable après coup. Les lois de neutralité sont contournées, c’est la fin de l’isolationnisme strict voulu par l’opinion américaine et les Républicains.

A partir du juin 1941, même l’URSS reçoit les armes dans la mesure où l’Allemagne nazie s’est retournée contre l’Union Soviétique de Staline au terme de l'opération barbarossa (Barbe Rousse) avec la rupture du pacte de non-agression germano-soviétique signés le 23 août 1939

- De 1941 à 1945: aide au RU de 7 milliards de $.

- Le 14 août 1941 : Charte de l’Atlantique (Churchill+ FD Roosevelt se rencontrent à bord du Prince of Whales quelque part en mer au large de Terre- Neuve) pour fixer les objectifs  moraux afin de guider les puissances democratiques et garantir une paix durable. parmi ces mesures:

refus de tout agrandissement territorial, droit des peuples à choisir leur forme de gouvernement, libre- acces de chacun aux matières premières liberté des mers et renonciation à la force. 

Ce document est à l’origine de la Charte des Nations Unies.

La charte de l’Atlantique en fev 1945 est evoquée à Yalta mais seulement évoquée car pour Staline il n’est pas question de renoncer à la conquête des territoires ni de laisser aux peuples le choix du gouvernement.

2. ...Elle est suivie d’un engagement total provoqué par l’attaque de Pearl Harbour...

Le 7 décembre 1941 : attaque japonaise sur Pearl Harbor (îles Hawai)

Les Américains sont contraints à la guerre. Le lendemain,  ils entrent ainsi en guerre contre le Japon puis le 11 décembre contre l’Allemagne et l’Italie, soit 2 fronts le Pacifique et l’Europe et sont la pour 3 débarquements: af du N en 1942, Ita en 1943 et la Normandie en 1944.

Les EU deviennent l’arsenal du camp allié, le lieu principal de fabrication du matériel de guerre. Cette entrée en guerre marque un tournant= c’est le Victory Program. des efforts de guerre sont lancés, l’armement  et les navires sont fabriqués à la chaîne la conscription est rétablie. cela constitue 80% du budget fédéral. 
Le Manhattan project est lancé en 1942. En coopération avec le RU. Projet de la bombe atomique permet une attaque sans débarquement.

3. ...Cet engagement a pour objectifs de préserver les intérêts géopolitiques américains à l'échelle mondiale et les valeurs auxquels sont attachés les Américains et leurs gouvernants

Les Eu font de leur pays un modèle voire une idéologie tournée autour d’un monde de libertés, de prospérité et de liberté comme la liberté de culte, de besoin de parole, de peur.  

Séance 3 - Le temps de la superpuissance pour les États-Unis entre 1945 et 1991 

Construction du schéma heuristique de la puissance américaine de 1945 à nos jours



Cours magistral: 

Comment s'affirme dans son rapport au monde, la superpuissance américaine ?
A partir de 1945, les E-Unis décident d'assumer leur puissance dans tous les domaines et notamment dans le cadre de la Guerre froide face à l'autre superpuissance de son temps, l'URSS. L'affrontement a lieu. Il oppose deux modèles antagonistes visant deux mondialisations opposées: la première est capitaliste, libérale, démocratique portée par les E-Unis et le bloc occidental, la seconde est communiste et collectiviste, égalitariste, autoritaire voire totalitaire portée par l'URSS et son bloc. Cette opposition se matérialisera pas une série de crises qui montreront l'importance des E-Unis dans le monde et dans les relations internationales.

A l'échelle globale, l'affrontement que sera la Guerre froide, (définition de la Guerre froide) c'est un "conflit de nature indirecte, dans tous les domaines, entre deux superpuissances et leurs modèles, par État interposé et qui vise à faire changer l'autre de modèleselon Georges Soutou, Professeur d'histoire en Sorbonne.

Il commence en 1947 et s'achève en 1991, le 25 décembre avec l'effondrement de l'URSS.

Reposant sur l'équilibre de la Terreur (usage potentiel et maîtrise de l'arme nucléaire comme une arme de dissuasion) et se présentant selon l'expression consacrée comme "Guerre impossible, paix improbable" (Raymond Aron)


Quelle est la réalité de la puissance américaine entre 1947 et 1991, durant la Guerre froide ?
 

Puissance militaire:
La plus grande armée du monde avec l'Armée Rouge et l'un des grands vainqueurs du conflit mondial
 
La maîtrise de l'arme nucléaire comme arme et outil de dissuasion
E-Unis sont avec l'URSS, l'autre partenaire de la Grande Alliance, le principal fournisseur d'armes au monde, l'une des principales armées et le premier détenteur de l'arme nucléaire (Projet Manhattan - deux attaques d'Hiroshima et Nagasaki, 6 et 9 août 1945). Puissance qui jusqu'en 1949, date de l'obtention de l'arme nucléaire par l'URSS est en situation d'être la seule à employer l'arme ultime. 

A partir de 1949 et jusqu'à la fin de la Guerre froide, "l'équilibre de la terreur"  prévaut: changement de doctrine dans les Relations internationales et dans la politique étrangère.

Contestée par l'URSS et mise à l'épreuve au cours des différentes crises de la Guerre froide (Berlin en 1948-49, Corée, Cuba en 1962, Berlin en 1962...)

Principaux services de renseignement du monde

Puissance diplomatique:
Elle découle de la puissance militaire et de l'opposition de modèles entre les deux blocs.
Elle s'appuie sur l'ONU et ses principes, elle les respecte et vise à faire respecter un mode de négociation entre Etats membres. Elle est membre du Conseil de Sécurité et a un droit de véto comme l'URSS.

Elle a des alliés et a mis en place dès 1945 une pactomanie (2 page 228) et une série d'alliances
- OEA (1946)= organisation qui rassemble à l'échelle continentale tous les Etats des Amériques
- OTAN (1949)= organisation militaire et une alliance occidentale qui vise à répondre au défi communiste de l'URSS
- ANZUS
- Pacte de Bagdad
- OTASE
- Traités bilatéraux


On parlera de "pactomanie" américaine. 

Diplomatiquement, les E-U représentent le premier réseau diplomatique mondial, celui de la principale puissance occidentale qui régente le bloc occidental, et l'une des deux puissances globales avec l'URSS. 

On parle alors de superpuissance car du point de vue diplomatique et militaire: l'URSS et les E-U sont adversaires, en guerre froide et s'imposent comme les deux acteurs mondiaux majeurs.

Puissance économique, commerciale et financière
Les E-Unis organisent et dominent l'économie mondiale dans le bloc occidental, selon les principes, les normes et les intérêts américains avec : 
- Accords de Bretton Woods (1944) = monnaie de référence et convertibiltié or (Dollar as good as gold et Gold Exchange Standard)
- GATT qui donnera la future OMC
- institutions sous domination américaine (FMI, BIRD...) et des organisations qui visent à étendre le système capitaliste 
- European recovery Programm = Plan ou Aide Marshall comme un levier pour imposer le système économique et financier valorisant les E-U

Capacité d'investissement et principale puissance financière
- Première capitalisation boursière
- Premières bourses et institutions de côtations de matières premières (Chicago) et de valeurs financières (Wall Street)
- Première économique mondiale en termes de performances économique, financière dans le monde et dans le bloc occidental, malgré la concurrence soviétique
- Majeure partie des FTN/FMN sont américaines


Principal exportateur et importateur mondial
Première puissance commerciale mondiale
Principal investisseur à l'étranger

Puissance scientifique et technologique

Nombre de Prix Nobel
Lieu d'innovation mondial
Première puissance industrielle et technologique


Puissance culturelle mondiale
Puissance sportive

EDC pages 232-233

"Envoyez les films, le reste suivra" 
FD Roosevelt

E-U prennent conscience de leur toute puissance et utilisent Hollywood et s'en servent pour promouvoir :
- leur mode de vie
- leur manière de voir le monde et de se voir
- pour influencer et changer les mentalités
Avec une approche mainstream et divertissante

Diffusion et promotion d'une société de consommation comme modèle de réussite


Conclusion intermédiaire: Tous les critères de la puissance globale sont aux mains des E-Unis, mais la contestation soviétique plus ou moins intense suivant les périodes de la Guerre froide, empêche l'économie-monde américaine d'être pleinement globale. 

Le monde reste bipolaire, son ordre international tout autant jusqu'en 1991.



Travail pour lundi 31 janvier

- Reprendre le cours
-  Préparer le sujet de composition : Les Etats-Unis et le monde de 1917 à 2016
- Reprendre, préciser et compléter le schéma de synthèse page 243
- grandes phases de la construction de la puissance américaine : 
avant 1914
1914-1917
1917-1919
1947-1991
2001-2015




Vidéo du Dessous des cartes sur la construction de la puissance américaine :

La construction du territoire américain

La naissance et l'affirmation de la puissance internationale des E-Unis

La puissance américaine, ses caractéristiques, ses critères, leurs évolutions et les résistances et oppositions qu'elle suscite de 1914 à 2016


Proposition de travail 2:
La classe est divisée en plusieurs groupes, chacun traite d'une des grandes périodes historiques correspondant aux parties de la séquence:

Groupe 1 - 1914-1918-1919 - pages 220-221 et 14 points de Wilson - A et B page 222
Groupe 2 - 1919-1941 - pages 222-223 - A, B et C page 222
Groupe 3 - 1941-1945-1947 - pages 226-227 + C page 222 et A page 230
Groupe 4 - 1947- 1991  - pages 228-229 + pages 230 à 233
Groupe 5 - 1991- 2001 - pages 234 et 235
Groupe 6 - 2001- nos jours

Objectifs thématiques:  
Déterminer et définir sur la période concernée et à partir des dossiers documentaires:
- Critères de la puissance américaine
- Caractéristiques de la puissance américaine
- Evolution de la puissance américaine et de ses formes
- Résistances et oppositions à l'affirmation de la puissance américaine

Objectifs formels:
- Trois paragraphes
- Idées explicites avec illustrations et exemples  

 
Apports extérieurs sur la politique étrangère américaine:

La responsabilité des États-Unis vis-à-vis du monde pour Z.Brzezinski

 
"Fardeau de l'Amérique" 
"Pour la première fois, une superpuissance extérieure européen au continent s'est non seulement élevée au rang d'arbitre entre les États d'Eurasie mais aussi de puissance globale dominante"
Z.Brzezinski, Le Grand Échiquier, la primauté américaine et ses impératifs géostratégiques, Paris, Hachette, Pluriel, 1997


Pourquoi ? 
C'est la combinaison de ces quatrième aspects qui confère aux E-Unis, la position de seule superpuissance globale, celle d'hyperpuissance (H.Védrine).
- Forces armées d'un rayon d'action planétaire 
- principal moteur de la croissance globale
- elle détient la suprématie des principales technologies innovantes; sa culture bénéficié d'un pouvoir d'attraction incomparable. Une puissance globale, la première de l'Histoire.


Les limites de l'hyperpuissance et l'oublie de l'Histoire et de la géopolitique
"Malgré sa dimension planétaire, l'hégémonie américaine reste superficielle."
"Pour l'Amérique, l'enjeu principal est l'Eurasie, seul théâtre sur lequel un rival potentiel de l'Amérique pourrait apparaître"

C'est cette période que F.Fukuyama appelle "la fin de l'histoire", une fin de l'opposition et de la guerre où tous les problèmes seraient réglés par le multilatéralisme via l'ONU et l'action de la seule superpuissance américaine.  

Lien:
https://electrodes.files.wordpress.com/2014/03/brzezinski_zbigniew__le-grand-echiquier.pdf
 

Hillary Clinton et le smart power ("le pouvoir intelligent"):

Origines du concept: Joseph Nye (Harvard) et Suzanne Nossel (ONG Human Rights Watch)

Définition: "Choix de la combinaison d'outils - diplomatiques, économiques, militaires, politiques, juridiques et culturels - la plus adaptée à la situation" [...] 

Objectifs: "L'objectif du smart power et de notre intérêt accru pour la technologie, les partenariats public-privé, l'énergie, l'économie et d'autres domaines extérieurs aux champs d'action classiques du Département d'Etat  était de compléter les outils et priorités de la diplomatie traditionnelle, pas de les remplacer."

Hillary Rodham Clinton,  Le Temps des décisions, Le Livre de Poche, Paris, 2016 - page 76-77

 
Hillary Clinton et la "stratégie de pivot asiatique": "Le siècle pacifique de l'Amérique" (2011)

Théorisé dans la revue Foreign Policy 



États-Unis : l'usage de la force et la force de l'influence

9 juillet 2014 :États-Unis : l'usage de la force et la force de l'influence
( rapport d'information )

"Au XXème siècle, l'Europe nous a posé le problème de la guerre ou de la paix, et nous avons dû en faire notre priorité. Au XXIème siècle, l'Asie nous pose le problème de la compétition ou du déclin."
Z.Brzezinski, 2008



Les Etats-Unis, le messianisme américain et la Destinée Manifeste

« L’Amérique doit assumer la responsabilité de sa puissance. Nous devons diriger le monde. C’est notre rendez-vous avec le destin. Nous ne devons pas laisser l’histoire nous échapper. »
Général Collin Powell après la Guerre du Golfe en 1991, « US Forces: Challenge Ahead », Foreign Affairs, vol. 72, n° 5, hiver 1992-1993

« Dieu a fait de nous les maîtres organisateurs pour établir un système dans un monde où le chaos règne. Il nous a insufflé l’esprit du progrès pour renverser les forces de la réaction sur toute la Terre. Il a fait de nous les adeptes du gouvernement que nous devons administrer sur les peuples sauvages et séniles. Sans cette force, le monde sombrerait à nouveau dans la barbarie et l’obscurantisme. » 

Albert J. Beveridge, sénateur américain s'exprimant en janvier 1900 à propos de l’annexion des Philippines par les États-Unis, Propos cités par M.-E Curti in The Growth of American Thought, Transaction Publishers, New Brunswick, 1991.

Séance 4 - 1991- 2001: l'hyperpuissance américaine, le temps de la "pax americana" et l'envie pour les E-Unis de ne pas accepter les remises en cause intérieure et extérieure 

(pages 234 et 235)


I- L'émergence de « l'hyperpuissance » américaine et du capitalisme néo-libéral à la suitede la chute du bloc soviétique.

A- Une surpuissance sans rival ...
Fin de la Guerre Froide en 1991 ----> Les Etats-Unis deviennent l'unique superpuissance.
Domination américaine à tous les niveaux ----> diplomatique, économique, technologique,
militaire et culturel


  • Une suprématie militaire et diplomatique, :
La disparition du bloc soviétique en 1991 permet aux Etats-Unis d'accroitre leurs influence diplomatique, notamment dans les pays de l'est de l'Europe, qui sont libérés du communisme. Il y a un élargissement de l'OTAN vers les pays socialistes de l'ex URSS.

La chute de bloc soviétique permet alors aux américains de devenir la première puissance militaire au niveau international. Les Etats-Unis possèdent plus de 50% de l'armement nucléaire mondiale et disposent de flottes maritimes dispersées aux « quatre coins de la planète ».


  • Une domination économique et technologique :
En 1991, les Etats-Unis sont la première puissance industrielle au monde et dominent les échanges de flux mondiaux. Le PIB américain représente alors 38 % du PIB mondial.
Création d'accord de libre-échange entre le Mexique et le Canada en 1994 (ALENA) afin de
développer un « commerce de proximité ».

Cette domination incontestée est due la naissance de la 3eme Révolution Industrielle dans les
années 1980, qui permet aux USA de rebâtir leur hégémonie économique, touchée après les crises des années 1970. ----> Naissance du nucléaire civil, de la génomique (ADN), de l'aérospatial et de l'informatique. Création d'entreprises mondiales telles que Microsoft ou Apple.

Le Japon et l'UE ne peuvent alors pas rivaliser face à la puissance industrielle américaine qui
élaborent de nouvelles technologies. La Sillicon Valley est le pole de compétitivité le plus attractif
au monde.



  • Mais aussi culturelle :
Les Etats-Unis, à travers « l'American Way Of Life » diffusent leur culture dans le monde entier
par le biais de films et de séries grâce a Hollywood, des grandes marques telles que Coca-Cola, Pizza Hut ou encore Microsoft mais aussi grâce à de nouveaux styles de musiques comme le rap ou le rock.

Référence culturelle : Elvis Presley suivi par près de 1 milliard de personnes, pour le premier
concert retransmis en direct à la radio ou à la télévision.

On peut alors parler de quasi-monopole mondial américain sur l'ensemble de la planète et dans quasiment tous les domaines. Les Etats-Unis s'imposent comme étant le pays de référence par excellence. Le ministre des Affaires Etrangères françaises, Hubert Védrine parlera alors de « l'hyperpuissance » américaine.

B- … qui doit assumer ses responsabilités en tant que « gendarmes du monde »

  • Depuis l’éclatement de l’URSS en 1991, les États-Unis sont considérés comme les vainqueurs de la Guerre Froide et demeurent la seule superpuissance. Leur volonté de diriger les affaires du monde s’est affirmée, notamment par des interventions armées ou politiques, en fonction de leurs intérêts et du respect du droit international.
- Intervention armées en Somalie et au Koweit en 1992
- Intervention armée en Irak en 1993
- Intervention politiques dans le conflit israelo-palestinien et en Corée en 1994
- Intervention armée en Bosnie et en Yougoslavie en 1995


Les États-Unis interviennent ainsi dans de nombreux conflits dans le monde, dès que leurs intérêts sont en jeu. Ils financent ainsi de nombreux mouvements armés à l’étranger, vendent des armes dans le monde entier, imposent des interdictions de commercer avec des pays ennemis (Cuba, Iran) ou bien interviennent directement dans les affaires d’un pays.

Les dépenses militaires sont très élevées. Le secteur industriel, voué à l’armement, est très étoffé et l’armée américaine est puissante, nombreuse et à la pointe de la technologie.


  • Les États-Unis assoient également leur domination planétaire par le biais de nombreuses bases militaires disséminées dans le monde notamment à la frontière de l'Europe, au Proche et Moyen-Orient et dans le Pacifique. 

La place des Etats-Unis dans les organismes internationaux (ONU, OTAN…) est centrale. Leur point de vue est souvent prédominant et décisif. Ils participent ainsi activement à de multiples réseaux d’alliances économiques ou militaires.


Ce rôle mondial est souvent critiqué par les pays concernés par l’action américaine ----> pour l’Iran, les États-Unis sont le « grand Satan » ; D’autres les accusent d’ingérence ----> Somalie, voir film La chute du Faucon Noir.


Conclusion intermédiaire
Les Etats-Unis représentent donc un modèle de puissance économique, culturel et militaire à travers le monde et justifient leur appellation d'hyperpuissance. Cependant, de nombreuses contestation vont alors naître pour s'opposer à celle-ci.

II- La contestation de l'hyperpuissance américaine durant l'année 2001 : un déclin
relatif

 
L'année 2001 représente un tournant majeur dans l'histoire contemporaine des Etats-Unis et sa géopolitique, c'est à dire dans la détermination de sa politique étrangère et diplomatique, mais aussi dans la conduite des affaires intérieures
.

A- La montée des contestations: une contestation interne et une externe à dominante islamique qui s'abat sur le sol américain et ses représentants à l'extérieur: le début d'une nouvelle ère.


Les attentats terroristes du 11 septembre 2001 révèlent de façon spectaculaire la vulnérabilité des Etats-Unis, atteints en leur coeur par un ennemi d’un genre nouveau, difficilement identifiable, qui s’attaque à leur hégémonie. Ces attentats ont une portée symbolique immense : jamais les États- Unis n’avaient été attaqués sur leur sol auparavant.

Contestation de l'hyperpuissance à travers :

– L'attaque de New-York: Centre culturel, financier et coeur de la puissance américaine
– Wall Trade Center : Attaque face à la puissance financière américaine majeur, mais aussi à la Sky Line est donc à l'architecture new-yorkaise (culture)
– Pentagone: Attaque face au centre de commandement des décisions militaires
– Maison Blanche(échoué) : Attaque face au centre de prises de pouvoirs des Etats-Unis est
donc à sa politique.

Premiere opposition frontale aux USA depuis 1991

B- La contestation économique et diplomatique (symbolique)

2001 est aussi l'année de l'entrée de la Chine dans l'OMC. Connotation symbolique.
Fin du règne économique sur l'ensemble de la planète. Les Etats-Unis vont devoir accepter et s'adapter à la nouvelle concurrence des pays émergents tels que la Chine, l'Inde ou le Brésil.

Ces nouvelles puissances acquièrent une dimension économique et commerciale qui leur permet de contester le monopole diplomatique américain. Les Américains ne sont donc plus « seul au monde ».

C'est le début d'une économie et d'une gouvernance multipolaire qui s'appuie sur une multitude d'acteurs.  L'hyperpuissance américaine disparaît.

Cependant, les Etats-Unis gardent un rôle majeur dans l'organisation économique et diplomatique mondiale.


- Liens à consulter:

Le bilan extérieur de Barack Obama
http://www.lemonde.fr/elections-americaines/article/2017/01/20/barack-obama-une-reussite-sur-le-plan-interieur-un-echec-sur-le-plan-exterieur_5065819_829254.html
La transition Obama-Trump
Trump et la Chine
La Chine face à Trump
Trump et Poutine

Joe Biden et Trump: l'avertissement face à la menace Poutine
  
D'Obama à Trump, la puissance américaine dans le monde
https://www.youtube.com/watch?v=jOt2Scc71gs&feature=share

Le dernier discours de l'Union de Barack Obama, un bilan de ses mandatures 

"Les Etats-Unis sont et resteront la première puissance mondiale"
B.Obama, 12 janvier 2016, Discours de l'Union

« L’Amérique est la nation la plus puissante de la Terre, un point c’est tout. Et quel que soit le problème dans le monde, les gens ne se tournent pas vers Pékin ou Moscou, c’est nous qu’ils appellent ! Aujourd’hui, nous sommes moins menacés par des " empires du mal " que par des Etats en faillite.
Certes, al-Qaïda et, à présent, le groupe Etat islamique, nous menacent et nous devons nous en débarrasser. Mais ils ne menacent pas notre existence ! C’est la fiction qu’ils répandent, c’est le genre de propagandes qu’ils emploient pour recruter. Mais nous devons les prendre pour ce qu’ils sont : des tueurs et des fanatiques.
Oui, notre politique étrangère doit se concentrer sur la lutte contre le terrorisme, mais cela ne peut s’arrêter là. Et notre réponse doit être plus intelligente que des rodomontades ou des appels à déverser des tapis de bombes sur des civils. C’est bien dans un show télévisé, mais c’est complètement irréaliste.
Nous ne pouvons pas non plus prendre en main et reconstruire chaque pays en crise. Ce n’est pas cela être un leader. C’est juste la recette pour s’enfoncer dans un bourbier. C’est la leçon tirée du Vietnam, c’est la leçon de l’Irak, et nous aurions dû la comprendre depuis tout ce temps. »

lundi 23 janvier 2017

Lundi 23 janvier - Histoire - Histoire - Les Etats-Unis et le Monde depuis 1945

Thème - Grandes puissances et conflits dans le monde depuis 1945
Questions - Les chemins de la puissance
Séquence - Les Etats-Unis et le Monde depuis 1945

Jamais USA
Systématiquement définir la puissance
 
1945 - borne particulière : 
fin de la Seconde Guerre mondiale marquée par l'usage d'une arme exceptionnelle et unique, l'arme atomique (Hiroshima et Nagasaki)
momnet où les E-Unis assument définitivement leur puissance dans le monde et décident de participer à sa gouvernance et à l'établissement d'un nouvel ordre mondial fondé sur les nations unies et le multilatéralisme

Les E-Unis et le monde : 
- construction et le fait d'assumer sa puissance pour les E-Unis
- rapport au monde donc sa politique étrangère et l'évolution de sa place dans les relations internationales

Questions de la puissance et de la conflictualité vont être centrales.


Définition de la puissance en 1945 et durant la Guerre froide : la défintion traditionnelle de la puissance, celle de raymond Aron, typique d'une lutte entre deux superpuissances

Après 1991 et la chute de l'URSS, la puissance se rédéfinit, elle est typique d'un monde unipolaire, les E-Unis. Hubert védrine va qualifier les E-Unis d'hyperpuissance :les E-Unis sont la seule puisssane globale.

Ce qui amène à penser la puissance autrement, en reprenant Serge Sur et la distinction de Joseph Nye qui divise la puissance en deux, le hard power (puissance traditionnelle de contrainte et le soft power, puissance douce ou feutrée qui est la puissance d'influence).

A partir de 2009, l'articulation des deux types de puissance sous la mandature Obama et sous la Secrétaire d'etat (équivalent MAE) , Hillary Clinton va s'appeler le Smart power, c'est à dire la capacité à exercer sa puissance de manière interlligente dans le monde. Elle fait suite à la politique désastreuse et illégale de G W Bush. 

Les fondements et invariants de la politique étrangère américaine
  • L'Amérique, une nouvelle Terre promise pour les premiers Pères pèlerins : L'Amérique est le Nouvel Eden et le Nouveau Monde par opposition au Vieux Monde, celui de l'ancienne Europe corrompue.
La fondation des Etats-Unis est remonte à un groupe de « pères pèlerins » protestants qui quittèrent la « vieille Europe » pour mettre en place un mode de gouvernement « idéal, pur et parfait » sur les territoires du nouveau monde, considéré comme « la Terre promise » (vers 1620).


« Je crois que Dieu a présidé à la naissance de cette nation et que nous sommes choisis pour montrer la voie aux nations du monde dans leur marche sur les sentiers de la liberté. »
Woodrow Wilson, cité par Ronald Steel, Mr Fix-it, in New York Review of Books, 5 octobre 2000, pp.19-21


Exceptionnaliste américain et volonté de recréer la Jérusalem céleste

Messianisme américain : peuple élu par Dieu et ayant une mission universelle et civilisatrice

  • Une tradition isolationniste des plus lointaines : de George Washington à Thomas Jefferson
Dès le départ, le souci de créer un Etat nouveau poussa les fondateurs des États-Unis à limiter les contacts avec les Etats européens considérés comme décadents. Ainsi, George Washington l’exprima dans son "Testament" (discours d'adieu) en 1796 : c'est la doctrine du « non-entanglement » (non-engagement), qui fut reprise par Jefferson (Président de 1801 à 1809) puis par Monroe, qui s'inspira de ce discours pour sa fameuse doctrine. 

La doctrine du « non-entanglement » de George Washington (1796)
« Notre Grande règle de conduite envers les nations étrangères est d'étendre nos relations commerciales afin de n'avoir avec elles qu'aussi peu de liens politiques qu'il est possible. Autant que nous avons déjà formé des engagements remplissons-les, avec une parfaite bonne foi. Et tenons-nous en là. 

L'Europe a un ensemble d'intérêts primordiaux, qui avec nous n'ont aucun rapport, ou alors très lointain. Par conséquent elle est engagée dans de fréquentes polémiques, dont les causes sont essentiellement étrangères à nos soucis. Par conséquent donc il est imprudent pour nous de s'impliquer, à cause de liens artificiels, dans les vicissitudes ordinaires de sa politique, ou les combinaisons et les conflits ordinaires de ses amitiés ou de ses inimitiés. 
[…] Pourquoi renoncer aux avantages d'une situation si particulière ? Pourquoi quitter notre propre sol pour se tenir sur une terre étrangère ? Pourquoi, en entrelaçant notre destin avec celui d'une quelconque part de l'Europe, empêtrer notre paix et notre prospérité dans les labeurs des ambitions, rivalités, intérêts, humeurs ou caprices européens ? 
C'est notre politique véritable d'avancer exempt d'Alliances permanentes avec n'importe quelle partie du Monde étranger - Aussi loin, veux-je dire, que nous sommes maintenant capables de le faire - ne me croyez pas capable de recommander d'être infidèle aux engagements existants, (je soutiens la maxime non moins applicable aux affaires publiques que privées, que l'honnêteté est toujours la meilleur politique) - Je le répète donc, continuez à appliquer ces engagements dans leur sens véritable. Mais à mon avis, il est inutile et serait imprudent de les étendre. »
Extrait du "Testament", discours d’adieu de George Washington, le 19 septembre 1796

La continuation de cette politique par Jefferson


« Rien n’est plus important que l’Amérique reste séparée des systèmes européens, et en établisse un original. Notre situation, nos objectifs, nos intérêts sont différents. Il doit en être de même pour les principes de notre politique. Tout engagement avec ce région du monde doit être évitée si nous voulons que la paix et la justice soient les (objectifs, caractéristiques) de la société américaine. » 
Thomas Jefferson à J. Correa de Serra, 1820


« J’ai toujours considéré comme fondamental pour les Etats-Unis de ne jamais prendre part aux querelles européennes. Leurs intérêts politiques sont entièrement différents des nôtres. Leurs jalousies mutuelles, leur équilibre des puissances (forces), leurs alliances compliquées, leurs principes et formes de gouvernement, ils nous sont tous étrangers. Ce sont des nations condamnées à la guerre éternelle. Toutes leurs énergies sont dévolues à la destruction du travail, de la propriété et des vies de leurs peuples. »
Thomas Jefferson à James Monroe, 1823 


  • La Doctrine Monroe (1823) : "l’Amérique aux Américains"
La doctrine de Monroe a caractérisé la politique étrangère des États-Unis durant le XIXème sicème et le début du XXème siècle. 

Centrée sur les Amériques et en rupture avec l'Europe qui ne doit pas se mêler des affaires américaines.

Tirée du nom du Président républicain des États-Unis, James Monroe, elle condamne toute intervention européenne dans les affaires « des Amériques » (tout le continent) comme celle des États-Unis dans les affaires européennes.



Jefferson et Monroe s'imposent ainsi comme les fondateurs et défenseurs de l’isolationnisme américain, véritable courant de pensée défendu encore aujourd’hui en matière de politique étrangère américaine. 

Cette conception repose sur un « exceptionnalisme » américain, qui représenterait le gouvernement le plus abouti et le plus parfait. Cet exceptionnalisme justifie de surcroît l’idée d’une « Destinée Manifeste » des Etats-Unis, consistant à diffuser son système de valeurs et de gouvernement à travers le monde, afin de le faire progresser à son image.

Les E-Unis ont une mission vis-à-vis du continent américain : le Continentalisme
  • La Destinée Manifeste (Manifest Destiny ou Destin/Destinée Manifeste, 1845): Le peuple américain est un peuple choisi, élu par Dieu. 
« Notre Destinée Manifeste [consiste] à nous étendre sur tout le continent que nous a alloué la Providence pour le libre développement de nos millions d’habitants qui se multiplient chaque année.» 


John O'Sullivan, cité p. 23 de Nouailhat Yves-Henri, Les États-Unis et le monde, de 1898 à nos jours, 2003


Peinture de John Gast, 1872 (Allégorie de la « Destinée manifeste » représentée par Columbia - la personnification féminine des États-Unis au XIXe siècle – guidant les colons américains vers les ténèbres sauvages de l'Ouest pour y apporter la lumière).



Pour le géopoliticien Yves Lacoste, la « manifest destiny », c’est : « [le] destin, [le] rôle que Dieu aurait manifestement confié à l’Amérique de développer les valeurs de liberté, de justice et de progrès, de les étendre le plus possible et de les défendre contre toute tyrannie. » 
Yves Lacoste, « Les Etats-Unis et le reste du monde », Hérodote, p.5

« L’Amérique est la seule nation idéale dans le monde […] L’Amérique a eu l’infini privilège de respecter sa destinée et de sauver le monde […] Nous sommes venus pour racheter le monde en lui donnant liberté et justice. » 
Woodrow Wilson, cité par Bernard Vincent, La Destinée Manifeste, Messène, Paris, 1999

  • La politique du Big Stick de Theodore Roosevelt, prélude et pendant  au corollaire Roosevelt (1901): « Parle doucement et porte un gros bâton » (speak softly and carry a big stick). 


Cette expression a été employé pour la première fois cette expression au Minnesota State Fair, le 2 septembre 1901, douze jours avant que l'assassinat du Président William McKinley ne le propulse à la présidence des États-Unis.




  • Le corollaire Roosevelt ou corollaire de la doctrine Monroe (1904)
Le corollaire Roosevelt (ou corollaire de la doctrine de Monroe) est une interprétation expansionniste de la doctrine de Monroe (1823) exposée par le président américainTheodore Roosevelt dans un discours prononcé le 6 décembre 1904 au début de la troisième session du 58e Congrès des États-Unis.


« L’injustice chronique ou l’impuissance qui résulte d’un relâchement général des règles de la société civilisée peut exiger, en fin de compte, en Amérique ou ailleurs, l’intervention d’une nation civilisée et, dans l’hémisphère occidental, l’adhésion des États-Unis à la doctrine de Monroe peut forcer les États-Unis, même à contrecœur, dans des cas flagrants d’injustice et d’impuissance, à exercer un pouvoir de police international. » 
Théodore Roosevelt, Discours prononcé au Congrès, 6 décembre 1904

Theodore Roosevelt tient un discours reposant sur l’idée de puissance, évoquant un « pouvoir de police internationale » pour réprimer les déviances, mais non pour propager le modèle américain. Il s'impose comme un réaliste vis à vis des relations internationales. Il considérait ainsi que les Etats étaient des entités égoïstes défendant avant tout leurs intérêts, par la force si besoin. 

Il reprenait en cela le concept de « Destinée Manifeste » afin de justifier l’expansionnisme et l’interventionnisme des Etats-Unis hors de ses frontières. Ainsi, en 1904, par ce qu’on appelle le corollaire Roosevelt à la Doctrine Monroe, il affirmait le devoir des Etats-Unis à intervenir dans la zone des Caraïbes et de l’Amérique Latine quand leurs intérêts seraient menacés

Recherchant l’équilibre des forces et ne cherchant pas à changer l’ordre du monde à son profit, Théodore Roosevelt pratiqua une politique d'investissements (la « diplomatie du dollar », surtout utilisée par son successeur : William H. Taft) et de menaces (« politique Big Stick ») pour faire triompher les intérêts américains dans la zone d’influence (Caraïbes et Amérique Latine) que fixe la Doctrine Monroe depuis 1823, les Amériques.

Sources: 


Travail pour mardi 24 janvier
lire page 58 et 59


Travail pour lundi 30 janvier 2017
Maîtriser la chronologie de la séquence et connaître ses acteurs

1) Construire une frise présentant l'affirmation de la puissance américaine à partir de 1945 à partir de la page 47

- mandats des Présidents avec une couleur pour les démocrates et une autre les républicains
- conflits internationaux (guerres mondiales, Guerre froide...)
- attentats importants 
- doctrines
- traités
- grandes périodes de construction de la puissance américaine 

2) Lister tous les Présidents américains depuis Théodore Roosevelt avec leur appartenance politique démocrate et républicain (en utilisant les symboles de ces deux partis, l'âne et l'éléphant)

Définir et comprendre la notion de puissance et l'applique au cas américain 
- Reprendre la définition de puissance et l'enrichir à partir des pages 216-217 et du document en ligne ci-dessous

https://docs.google.com/presentation/d/1j8yDQ_AQyhAsSfQ1ovLrz5QK2s11-7qGIqLwbAJ5eRQ/edit?usp=sharing


Liens à faire  

- Hard power
- Soft power
- Smart power

Définir les expressions et termes suivants:
Isolationnisme
Interventionnisme
Loi cash and carry
Superpuissance
Guerre froide et ses phases (Guerre froide, Coexistence Pacifique, Détente, Guerre fraîche)
Unilatéralisme
Multilatéralisme 
Hyperpuissance 
War on Terror








lundi 16 janvier 2017

Mardi 17 janvier - Histoire - Une gouvernance économique mondiale depuis le sommet du G6 en 1975

Revue de presse


- Arthur Ye - 14


- Wandrille - 14


- Maeva Cabanis - 15


- Alexandre Camara - 15

Séance 3 - La gouvernance économique aujourd'hui

Problématiques:

- En quoi la gouvernance économique mondiale a-t-elle progressé depuis 1975 et quels en sont les acteurs ? 
- La gouvernance mondiale ne masque-t-elle pas l’hégémonie d’un petit groupe d’États et quels rapports entretiennent-ils entre eux ?
- Les progrès réalisés pour construire une gouvernance économique mondiale se sont-
ils traduits par une régulation plus efficace de la mondialisation économique ?

Plan de séquence:

I) Quels sont les acteurs contemporains de la gouvernance économique et financière mondiale contemporaine depuis les années 1970 ?

A) Les acteurs traditionnels de la gouvernance économique mondiale

a) les principes de Bretton Woods et leur abandon au début des années 1970 :
b) les institutions de régulation et de gouvernance :

Les institutions issues de l'ONU et des accords de Bretton Woods de 1944, sous influence occidentale et américaine

BM
FMI
GATT et OMC:   évolution des barrières douanières et normatives 

Les institutions de gouvernance 

G6
G20
 
c) des principes et des institutions favorisant les E-Unis et les pôles de puissance tradtionnels de l'ancienne Triade

B) Les nouveaux acteurs de la gouvernance économique qui remettent en cause l'organisation

a) Les nouveaux acteurs étatiques connaissant l'émergence et symbolisant un basculement du monde vers l'Asie du centre de gravité de l'économie mondiale :  les BRICS, les émergents et les PED (Etats en développement)

b) L'OPEP et l'OPAEP, des acteurs au centre desquels les monarchies pétrolières et gazières du Golfe Persique imposent un nouveau rapport de force avec leurs fonds souverains
 
c) Les acteurs extérieurs : le forum de Davos, les FTN et les agences de notations


C) les opposants à cette gouvernance économique et financière mondiale 

a) les ONG

b) les forums sociaux

II) Quelles sont les difficultés de la gouvernance  économique et financière mondiale depuis les années 1970 ?


III) Quels sont les défis et les enjeux à relever au XXIème siècle pour la gouvernementale économique et financière mondiale ?


Cours dialogué: Passage des exposés
OCDE
OMC

Séance 3 - Comprendre l'évolution de la gouvernance économique mondiale depuis 1975, ses acteurs et ses résistances
 
Cours en autonomie: Travail de groupe
La classe est divisée en deux groupes.

Groupe 1
Du G6 au G20
Pages 192-193
Questions et bilan

Groupe 2 
La gouvernance économique vue par les pays du sud
Pages 194-195
Questions et bilan

Méthodologie à respecter en vue de répondre aux difficultés du Bac blanc et des objectifs méthodologiques du BAC:

Pour les réponses aux questions:
- Chaque question doit être rédigée, argumentée et appuyée sur les documents.
- Chaque réponse doit présenter une idée qui suppose un un ou plusieurs arguments.
- Chaque argument doit s'appuyer sur des connaissances extérieures ou/et l'usage des documents avec une citation ou une référence claire et explicite à ces derniers. 

- Chaque citation ou référence devra être expliquée de manière explicite et claire.

Pour la question:
- Chaque réponse bilan doit s'appuyer sur un argumentaire construit autour de plusieurs idées.
- Chaque idée doit correspondre à un paragraphe.
- Chaque idée doit s'appuyer sur un ou plusieurs arguments.
- Chaque argument doit s'appuyer sur des connaissances extérieures ou/et des exemples sous forme de citations des documents du corpus documentaire.
- Chaque exemple et citation pris doit s'appuyer sur une explication claire et explicite.

Reprise et mutualisation


Etude de cas (Groupe 1) : Comment les Etats occidentaux ont-ils organisé la gouvernance économique mondiale autour du G6 et de leurs intérêts ? (I) Comment l'ont-ils faite évoluer avec les crises économiques successives et le phénomène d'émergence ? (II)


I) 
A. G6, seuls Etats capables d'organiser la gouvernance économique libérale et capitaliste durant la Guerre Froide dans le contexte de crises économiques et énergétiques...

 Idée: Les membres G6 veulent croissance et le redressement de l'économie mondiale.
Argument: En augmentant le dialogue entre les Etats les plus riches c'est à dire en développant les coopération internationale.
Exemple: Comme l'affirme le discours de Rambouillet Art. 5 "en [assurant] le redressement des économies et en [réduisant] le gaspillage de ressources humaines que provoque le chômage".
Explication: Ce qui signifie que les Etats les plus développés vont mener des politiques communes et convergentes.

B. ... avec pour objectifs, leurs intérêts sous couverts d'intérêts globaux

Transition:  Avec la fin de la Guerre Froide + émergence, nécessité d'une évolution de gouvernance économique et financière mondiale, car: - nouveaux acteurs
- "nouvel ordre mondial" (George H. Bush)
- nouvelles règles
- nouvelles crises et limites

II) 
A. La nouvelle situation économique et financière mondiale oblige à faire évoluer la gouvernance en élargissant le G6 pour aller jusqu'au G20 et en modifiant les principes et les règles

B. Ces évolutions ne permettent pas toute fois de résoudre toutes les difficultés et de répondre à toutes les limites de la gouvernance


Comment construire son argumentaire?

 Raisonnement inductif:
1- idée
2- argument
exemple(s) du corpus et connaissances extérieures
citations ou références
3- explication

Raisonnement déductif:
1- citation
2- explication
3- argument
4- idée

Etude de cas (Groupe 2):  Quels rôles les Etats du sud jouent-ils dans la gouvernance économiqiue mondiale ? Comment leurs rôles ont-il évolué ?